• Des amis dans la guerre - 32,33



    Tandis que papa est soigné à l'hôpital Purpan de Toulouse, ses compagnons d'armes poursuivent le combat jusqu'en Autriche. L'un d'eux lui raconte leur séjour là-bas :

    Je t'écris ces quelques mots d'un Centre de Repos situé quelque part dans une région montagneuse de l'Autriche. Là je vais passer quatre jours. Il y a tout le réconfort (sic) moderne, çà t'étonnera peut-être, mais pour une fois on a compris. Je loge dans un grand hôtel : il y a de grandes salles de jeux, de lecture, une piscine, de la musique, des bois, tout... [...] Ici c'est la belle vie. L'Autriche est un pays pittoresque. Il y a de jolis coins, et surtout de charmantes autrichiennes qui répandent  de si jolis sourires à leurs libérateurs. [...]

     

    Le 8 mai 1945 l'Allemagne a capitulé. La guerre terminée, les anciens combattants songent au retour dans leurs foyers. De Fribourg, ce même compagnon fait part à mon père de son impatience de retrouver la vie civile :

     

    Le 12 juillet 1945 :

    [...] Je me trouve, depuis deux jours, dans la région de Fribourg, à une quarantaine de Km de Strasbourg. On commence à s'approcher. Il est grand temps que l'on quitte ce bled. Dernière nouvelle, il paraît que l'on irait à Rennes en Bretagne. [...] M. est chez lui, il est parti le 22 juin, étant pupille, il a été rapatrié : donc je reste avec L. J'en ai plein... J'ai hâte de m'en aller moi aussi. Vivement la classe ! Que fais-tu de beau ? Ici toujours la même vie : çà barde en plein : il valait mieux le temps passé.

     

    Le 2 août 1945 :
    [...] Quant à moi, toujours la même vie : les permis pour la Corse et l'A.F.N. sont supprimés, faute de transport : on nous autorise à prendre 4 jours pour la France. Tu peux imaginer la rumeur qui gronde. Enfin ! On est toujours bonne pour (?) et comme d'habitude on est toujours les pigeons. [...]

     

     

     



    Un autre frère d'armes (voir en-tête ci-dessus):
    [...] J'ai appris avec douleur la blessure que tu as eue en France et tes décorations. Je te félicite pour celles-ci, tu es un bon gaillard. Quant au pied j'espère que ce n'est pas tout à fait grave et que tu marches sans trop de difficultés. Que comptes-tu faire ? Espères-tu être démobilisé ? Si oui, je vais t'offrir quelque chose, tu sais nous en avions parlé en Italie. Je vais rentrer en Afrique du Nord et mon père a loué des jardins. Veux-tu venir chez moi ? [...]
    Et cet ami lui propose d'exploiter avec lui plusieurs hectares de terrain en jardins, vigne, arbres fruitiers, orangeraies avec pour projet d'expédier leurs récoltes en France métropolitaine.

     

     

     

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