•   A la mi-octobre le frère de maman écrit à ses parents (carte ci-contre) qu'il a enfin pu rendre visite à leur amie M.B. de Préfailles. Ce sont des retrouvailles que celle-ci espérait depuis quatre ans. Il restera deux jours chez elle. Ensemble ils iront à la Pointe Saint-Gildas (méconnaissable) puis à la pêche du côté de Quirouard, avant qu'il reprenne le bateau de Mindin pour regagner Saint Nazaire. Peu après il sera muté à Donges.






     

    Préfailles, 19 novembre 1943
    Il est encore question d'évacuer quelques habitations à Quirouard et du côté de Narjagham. Quelle terrible calamité pour les désignés ! Nous sommes bien inquiets de cette nouvelle menace... M.B.

    En effet la Wehrmacht, installée depuis peu à Quirouard et à la Plaine-sur-Mer, avait décidé de vider toute la côte de ses habitants dont la plupart des maisons seront pillées après leur départ.

     

    Les restrictions et les méfaits de la guerre s'appesantissaient  toujours davantage sur les français. Peu à peu la révolte laissait place à la lassitude. Chacun soupirait : quand cela finira-t-il ?

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  • Au cours de l'été et de l'automne 1943, d'où qu'ils écrivent, les correspondants de maman constatent qu'ils sont de plus en plus souvent survolés par les bombardiers anglais et américains. Les alertes se multiplient. On lui fait part de bombardements au Bourget, Asnière, Gouvieux, Paris, Reims. L'acheminement du courrier ralentit. Le ravitaillement devient toujours plus problématique. Fin août la date de la rentrée des classes est incertaine. Les anciens réfugiés s'interrogent : Faut-il envisager un nouvel exode ?

                                                                                                          

     

    Pour pallier la pénurie alimentaire rien n'est laissé au hasard. En septembre maman, déjà très active, se voit promue chef de poste d'un Centre de Ramassage de Mûres destinées à la fabrication de confitures !

    Ramassage des mûres

     

     

     

     

     Les 16 et 23 septembre 1943 Nantes subissait les pires bombardements. Une véritable pluie de fer, de feu, d'acier et de sang s'abattait sur la ville faisant au total 1463 morts et 2500 blessés. Le grand magasin Decré avait été broyé. La petite communauté des habitués de Préfailles comptait à Nantes des amis et relations. Parmi eux certains ont tout perdu, sauf la vie ; d'autres ont fini tragiquement sous les bombes ou ont été blessés. M.B. s'inquiète au sujet d'une lointaine cousine âgée : Je ne sais ce qu'elle est devenue puisqu'on évacue les vieillards et les enfants.

     

    Le 30 septembre, elle écrit :  On est resté tout affligé (des bombardements de Nantes) et ici nous n'avons rien vu, seulement les avions revenir deux fois. Jeudi j'étais en vendanges à Saint-Gildas et nous n'étions pas fiers car les chasseurs les poursuivaient sur nos têtes et nous nous demandions avec angoisse où allaient porter leurs pas. Nous n'avons pas entendu les explosions de Nantes comme l'autre fois. Cela dépend du vent.

     

    Lettre du 1er octobre, de Mme V. : Quel désastre ! Les américains pourraient  faire attention !

     

    Un témoignage complémentaire sur les bombardements de Nantes 

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  • Quand l'espoir semble se transformer en utopie, la nostalgie des jours heureux devient plus aiguë que jamais.Peut-être que l'année 1944 nous permettra, comme pendant les belles années de l'avant-guerre, de nous voir réunis à Préfailles. Préfailles ! Nous y avons pensé le mois dernier qui était celui de nos vacances avant cette maudite guerre ! écrit une amie parisienne à mes grands-parents.





    ND-de-Boulogne-copie-1.jpg

    Submergée par les calamités qui déferlent sur Procession.jpg elle, l'Europe, encore très croyante, ne sait plus à quel saint se vouer. En France la foule catholique se tourne vers Notre-Dame de Boulogne dont quatre reproductions sillonnent la nation, jusque dans les campagnes où les processions sont suivies avec ferveur. La prière de consécration à la Vierge commence ainsi : Reine du Très Saint Rosaire, Secours des Chrétiens, Refuge du genre humain, victorieuse de toutes les batailles de Dieu : nous voici prosternés, suppliants, au pied de votre trône, dans la certitude de recevoir les grâces, l'aide et la protection opportunes dans les calamités présentes, non en vertu de nos mérites, dont nous ne saurions nous prévaloir, mais uniquement par l'effet de l'immense bonté de votre coeur maternel.

    Notre-Dame de Boulogne


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