• Des amis dans la guerre - Préambule (suite 1)


    Avant d'entrer dans le vif du récit proprement dit de ces années tragiques, rappelons les événements familiaux des deux  décennies qui précédèrent la Deuxième Guerre Mondiale pour en fixer le contexte et souligner le divorce entre la vie insouciante de l'entre-deux-guerres et l'âpreté des temps pendant le conflit (et, si j'en ai encore le loisir, au cours des mois qui ont suivi celui-ci).

    Ma grand-mère paternelle a découvert Préfailles pour la première fois en 1914. Elle avait  seize ans et ce fut un coup de coeur. Elle s'était alors liée de sympathie avec une jeune préfaillaise de son âge, M.B. Cette amitié ne se démentira jamais jusqu'à la mort de cette dernière, au début des années 70. De leur côté, maman et ses parents commencèrent à fréquenter Préfailles en 1920. Ils y séjournaient deux mois en été, en général en juin et juillet, car son frère aîné était de santé délicate. Ils devaient profiter à la fois des bains de mer et des bienfaits de la source ferrugineuse de Quirouard encore très appréciés à cette époque. La maison qu'ils louaient appartenait à la famille de M.B., ce qui aura son importance plus de vingt-cinq ans plus tard !

     


    Depuis le début des années vingt, les mêmes locataires reviennent chaque saison dans les mêmes villas. Au fil des ans des liens se sont tissés, des amitiés sont nées, les relations se sont renforcées (ce qui se révèlera précieux pendant la guerre). On sort et on s'amuse ensemble. Au retour on s'arrête chez l'un ou chez l'autre. Pendant l'hiver on échange quelques lettres. Ces vacanciers sont originaires de Nantes, du Maine-et-Loire ou bien de Paris et de sa région.

     

    L'affaire de l'été 1933 sera l'automobile neuve de notre grand-père, qui figure en bonne place sur certaines photos. En 1935 maman obtint son permis de conduire. En jeune fille moderne, elle pouvait désormais venir seule en voiture à Préfailles, de temps à autre, pour passer quelques jours chez les B. qui l'accueillaient à bras ouverts.

     

     

                                                                                                                                                                                          Grand-mère, quant à elle, s'était mariée très jeune et elle avait suivi son époux au Maroc. Mais en 1930, parce qu'elle était enceinte de son trois ième enfant et qu'elle souffrait de fièvres, ils décidèrent de rentrer en métropole. Elle perdit néanmoins son bébé en arrivant et notre grand-père mourut subitement peu après. Elle resta veuve tandis que son amie préfaillaise demeurait demoiselle.

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