• Le coin des petits

    Titre coup de bourdon !

     

    Guillaume se précipita hors de la classe en claquant la porte. Il courut jusqu’au couloir qui reliait les deux cours de récréation. Il y soufflait en permanence un courant d’air de tous les diables, propre à vous coller la grippe, le rhume, une pneumonie ou n’importe quoi d’autre.  L’écolier se retourna. Monsieur Pascalin ne l’avait pas poursuivi. Fallait-il s’en réjouir ou s’en inquiéter ?

     

    Au-dessus de sa tête pendait la chaînette de la cloche dont la poignée était accrochée à un gros clou. Alors, pris d’une folie satanique, Guillaume s’en empara. Et dig ! Et ding ! Et dong ! Et dig, ding, dong ! Les classes se vidèrent d’un coup, bien avant l’heure et les élèves avançaient en flot vers la sortie. Mon Dieu, qu’avait-il fait ? Il attendait en tremblant l’arrivée des instituteurs. Mais comme rien ne se produisait, il résolu de se joindre à ses camarades pour rentrer chez lui.

     

    A peine éveillé, Guillaume, du fond de son lit, tournait et retournait ces événements dans sa tête. Certainement il y aurait une grave sanction. Ses parents seraient convoqués, comme ceux de Suzie quand elle avait fait péter une amorce en plein milieu de la dictée. En deux secondes elle s’était retrouvée seule en face de Monsieur Pascalin tandis que tous les autres élèves s’étaient réfugiés au fond du préau ! Invités à venir voir la directrice, son papa et sa maman avaient eu si peur de se faire réprimander qu’ils avaient délégué sa grande sœur à leur place !

     

    Quel jour sommes-nous ? Se demandait Guillaume, la tête encore pleine de sommeil. Il ne pouvait pasIllustration, Coup de bourdon aller à l’école après un tel méfait ! Il devait feindre d’être malade. Mais sa maman ne se laissait jamais amadouer. Quelle angoisse ! Il se sentait de plus en plus mal. Il avait envie de vomir et des coliques lui torturaient le ventre. A ce moment sa maman entra, souriante, et leur annonça qu’il était temps de se lever. Son frère jaillit du lit en riant. Guillaume eut soudain un doute.

    — Quel jour sommes-nous ?

    — Mercredi, répondit maman. D’habitude tu le sais bien !

    — Alors on ne va pas à l’école ?

    — Mais non. De toute façon vous êtes en vacances.

    Ses esprits revenus, « ce n’était donc qu’un cauchemar », se dit-il, soulagé. Pris d’une joie subite, il se mit à sauter sur son lit et à faire des galipettes en tous sens.

    « Le témoignage de Bernard Giraudeau dans LibéJe plains le temps de ma jeunesse - François Villon (1431-1463) »
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