• Le feuilleton hebdomadaire 16

    Le blog de la voisine (base)

     

     

    16 avril 2010  

     

    Cette grande maison, si agréable lorsqu’elle est pleine d’animation, devient presque sinistre en l’absence de ses habitants. Madame, monsieur et les enfants du rez-de-chaussée au complet passent leurs vacances je ne sais où. Notre voisin du premier a pris la direction d’un pays exotique comme il le fait chaque année en avril. Sébastien suit une formation à Paris. Il ne reste donc que notre voisine du premier (elle rentre justement, encombrée de son chien et d’un panier plein de fleurs de pissenlits. Que compte-t-elle en faire ?) et moi. Les bruits familiers se sont éteints. Parfois j’ai l’impression d’être l’unique occupante de notre immeuble.

     

    19 avril 2010

       

    Un volcan au nom imprononçable fume à mille six cents kilomètres d’ici et paralyse le trafic aérien. De ce fait, depuis hier nous bénéficions d’un ciel bleu pur et d’un surcroît de silence. J’avais oublié à quel point l’azur est uniforme et profond; je ne savais plus que tant d’oiseaux chantent autour de nous ! A force d’habitude nous avons perdu la conscience de ce roulement de fond au-dessus de nos têtes, qui masque les bruits charmants du printemps. Pourtant nous vivons loin de tout aéroport. Mais le ciel, jour et nuit, est zébré de traînées blanches tandis que l’air gronde en sourdine d’allées et venues invisibles du sol.

    Mamoureuse sera contente : je vais insérer quelques photos de ses préférés. Une nouvelle venue, frêle chatte grise qui porte collier rouge et grelot, attire tous les matous du coin. Caramel et Souris ne sont pas les derniers à rappliquer dès la nuit tombée et à se joindre au chœur des sérénades félines. S’en suivent des bagarres tonitruantes. Dans la journée la  colonie des chats sans maître rôde alentours et rien ne la dissuade d’approcher. Essaie-t-on de les chasser, ils répondent par un miaulement pathétique à vous fendre le cœur. J’ai pu prendre plusieurs clichés assez réussis.

     

    20 avril 2010

     

    Nos voisins du rez-de-chaussée ne sont toujours pas chez eux. Les plus jeunes auraient dû retourner à l’école hier. Seraient-ils bloqués quelque part dans  un aéroport ou une gare ? Le blog de madame, Arts de la table et du jardin, n’a pas bougé…

    Tatiana vient de publier un album de vues d’Oléron et s’est empressée de m’inviter à  les admirer. « Qui sait si nous ne nous sommes pas croisées en ces lieux il y a quarante ans ? » Elle insiste ! Ma fois si le beau temps continue, je ne vais pas tarder à descendre là-bas. Mais motus sur internet !

    CS-qui nous offre des recettes de confitures et de boissons à base de fleurs de pissenlits.

     

    21 avril 2010

     

    Décidément c’est à croire qu’un buzz sur le pissenlit a été lancé ! Même Claude s’en mêle. Il nous en rappelle le nom savant, taxacum officinale, ainsi que l’appellation vulgaire, dent de lion. Puis il décrit la plante, de la pointe des feuilles au bout des racines. Enfin il en fait un rapide historique en mentionnant ses vertus médicinales reconnues par les médecins arabes dès l’an mille.

     

    22 avril 2010

     

    Incroyable ! Me faire ça A MOI ! Comment nous traite-t-on au vingt et unième siècle ? Vraiment, je suis outrée, vexée, humiliée !

    Par exception ce matin je m’accordais une grasse matinée. Soudain une succession de coups de sonnette impératifs, suivie de coups de poings dans ma porte m'ont fait sursauter « Commissaire ! Ouvrez ! » Commissaire ?  Rien ne me prouvait que ce monsieur le fût. Néanmoins, l’esprit encore englué de sommeil j’ai sauté du lit et attrapé au passage une veste pour cacher ma chemise de nuit avant d’ouvrir. Devant moi se tenaient trois hommes dont le plus jeune me tendait une carte indéchiffrable sans mes lunettes.

    — Commissaire untel ! Voici monsieur..., serrurier et monsieur..., huissier. Nous venons faire l’inventaire du mobilier. Monsieur... est-il là ?

    — Non, il n’habite pas ici…

    — Alors il occupe l’autre appartement en bas ? Personne ne répond. Savez-vous où il se trouve ?

    — Pas du tout ! Je ne me mêle pas des affaires de mes voisins !
    — Tant pis ! Nous allons entrer chez lui. Il était prévenu. Nous avions rendez-vous ce matin. Au revoir  madame !

    Je me suis retrouvée seule, complètement abasourdie sur le seuil de mon logement. Je veux bien qu’on n’aborde pas les voyous ou les bandits en y mettant toutes les formes de la politesse, mais de là à faire un tel ramdam !...

    Ainsi avant son départ le fils du rez-de-chaussée ne cambriolait pas ses parents, il essayait de sauver les meubles, tout au moins ce qu’il a pu en emporter...

     

    N.B. Ceci n'est pas un journal intime mais une fiction. 

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