• Le feuilleton hebdomadaire - 2

    Le blog de la voisine (base)


    10 janvier 2010


    Au moment où je me réjouissais de profiter d’un moyen de communication propre à divulguer le petit talent littéraire dont je pense être pourvue, pfft, ma muse me fait faux bond ! A peine ai-je posé les doigts sur le clavier que ma tête se vide comme si son contenu en était aspiré par l’écran vierge. Vampirisé ! Je croyais révolutionner le blog, créer un art nouveau… Voilà mes prétentions mort-nées ! Je découvre avec affliction qu’elles n’étaient, somme toute, qu’un brouillard d’idées sans consistance. Comment remplir mon blog ?

    Faire dans le mignon, genre chiens et chats ? Cela plaît, certes, mais je ne possède aucun animal de compagnie, pas même un canari. Aborder la politique ? Je n’y entends rien. C’est à peine si je distingue la gauche de la droite, raison pour laquelle je ne vote jamais qu’au centre. Me construire un profil de râleuse ? Ce n’est pas mon tempérament. Esmeralda, sur le sien, conjugue le verbe aimer à tous les temps et avec la plupart de ses copains de fac. Mais ce qui est charmant à vingt ans devient ridicule passé la soixantaine.

    Tiens, notre voisine franchit le portail d’entrée en tirant son caddie. Toujours BCBG en dépit des intempéries. Elle a emménagé en même temps que moi, il y a trois ans, dans l’un des appartements du premier, côté ouest. Bien qu’elle nous salue avec amabilité, voire qu’elle échange quelques mots avec nous, elle évite les confidences et nous ne savons rien d’elle, hormis qu’elle promène son chien trois fois par jour et qu’elle conduit une petite voiture vert pomme.

    Revenons à notre préoccupation du moment. Cela fait bientôt trois jours que je papillonne sans inspiration ; aucun sujet exploitable ne me vient à l’esprit. Si j’allais photographier les chats du quartier ? Après tout nul n’ira vérifier si ce sont les miens !

     

      12 janvier 2010

    Ni vue ni connue ! Les chats sont en boîte ! Depuis des années une dizaine de matous a investi un garage abandonné et ses alentours. Certains riverains les protègent et les nourrissent. D’autres les chassent car ils ravagent les parterres. J’aime les observer, parfois, assise sur un banc du minuscule jardin public contigu. Toutefois je me garde bien de les amadouer. Il ne manquerait plus qu’ils me suivent jusqu’à la maison !

    Maintenant il s’agit de baptiser chacun de ces gros minets. Je verrais bien le gris s’appeler Souris ; le grand roux, Caramel ; la jeune chatte, à la robe rayée de façon si délicate d’une gamme subtile de roux et de beiges un peu cendrés, Agate. Le regard du noir et blanc lui donne un air satanique à cause de ses pupilles dilatées, au point que l’iris devient à peine discernable. Il ressemble à Belzébul. C’est cela, prénommons-le Belzébul.

    Quatre chats, ce n’est déjà pas si mal. Je vais essayer de réussir une mise en page artistique et d’attribuer à chacun une légende affectueuse.

    Le travail est achevé. Il me satisfait assez.

     

      16 janvier 2010

    Déception ! Déception ! Les visites stagnent entre deux à quatre par jour. Et pas un commentaire. C’est un désastre, la Bérézina ! Le TARATATA triomphal de l’en-tête expirera-t-il en un odieux COUAC ?

      N.B : Ce récit n'est pas un journal intime mais une fiction.

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