• Le feuilleton hebdomadaire 22

    Le blog de la voisine (base)

     

     

    28 mai 2010

     

    Sans le choc sourd qui a ébranlé les murs de nos appartements, j’aurais déjà repris mes publications bloguistes. Mais un bruit épouvantable a interrompu la préparation de mon premier article. Un silence a suivi ; puis une sorte de frottement au plafond. Tout aussitôt j’ai pensé à la vieille dame du dessus et je me suis précipitée dans l’escalier. Sébastien descendait le sien et nous nous sommes retrouvés ensemble devant la porte de notre nouvelle voisine. Nous entendions sa voix chevrotante qui réclamait de l’aide. Par chance la porte n’était pas fermée à clef. Est-ce soulagement de ne pas la découvrir blessée ? Dès l’entrée un abominable fou rire a commencé à me titiller car la dame retenait à grand peine une petite bibliothèque à demi  sortie de son alcôve. Presque tout son contenu s’était égaillé sur le plancher. Tandis que Sébastien se précipitait pour la soutenir, je faisais de même avec le meuble. La vieille femme était affaiblie par la peur qu’elle avait eue et l’effort qu’elle venait de produire. Notre jeune infirmier la fit asseoir dans son fauteuil avant de soigner ses mains et ses avant-bras meurtris, alors que je remettais les livres en place. Perturbée,  Mme… peinait à rassembler ses idées. Elle avait oublié et le numéro de téléphone de sa fille et l’endroit où était rangé son agenda. Après avoir interrogé l’agence, Sébastien est parvenu à joindre cette dernière et à l’avertir de ce qui venait d’arriver à sa mère. Par prudence, nous sommes restés près d’elle jusqu’à l’arrivée de sa fille.

     

    2 juin 2010

     

    Melle… est venue m’offrir un ballotin de chocolats pour me remercier du secours apporté à sa maman. Quoi de plus normal ? Elle en a profité pour me faire part de ses préoccupations. Depuis cet incident, elle a pris conscience que sa mère ne pourra pas continuer à vivre au premier sans ascenseur. Elle va donc se mettre en quête d’un nouveau logement. Je suis navrée de perdre aussi vite des voisines idéales.

    Le marcheur. Nous l’entendons qui passe sous nos fenêtres comme chaque début d’après-midi, maintenant qu’il fait beau. Il longe notre rue et disparaît dans la campagne, sans un regard sur ce qui l’entoure. Il déclame des lettres de protestation qu’il récrit sans fin dans sa tête. Il règle la cadence de ses pas à la mesure de la véhémence de ses propos. Nous ignorons si son comportement est la manifestation de la folie ou bien l’expression de la colère qui se heurte à la citadelle administrative. Bien qu’il n’ait jamais agressé personne, il effraie et je m’en défie lorsque je le croise.

    Notre voisine du premier arrive à sa hauteur avec son petit chien. Elle le salue. Il ne la remarque pas.

    Au fait, je ne vois plus la voiture vert pomme sur notre parking…

     

    4 juin 2010

     

    Avec les beaux jours réapparaissent des bruits oubliés : les cris, les rires des noctambules, les miaulements lascifs des chats, les aboiements des chiens enfermés dans les cours. Et cette nuit, pour couronner le tout, une moto pétaradante, une vraie bombe qui s’est éclatée tout autour du quartier, bientôt accompagnée de sa petite sœur la mobylette… guère moins bruyante !

    Cette fois, c’est promis, je vais reprendre mes articles. Par quoi commencer ?

     

    N.B. Ceci n'est pas un journal intime mais une fiction.

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