• Le feuilleton hebdomadaire 40

     

     Le blog de la voisine (base)

     

     

    4 octobre 2010

     

    Plusieurs fois sur la route du retour nous avons croisé des familles de lapons qui vaquaient à diverses occupations autour de leurs tentes de peaux, en costumes traditionnels, mais chaussées d’Adidas ou de Nike ! Leurs petits chiens jaunes, très sociables, réclamaient des caresses à tous les passants.

    (Je viens de retrouver trois photos prises au bord de la mer de Barents, si jaunes qu’elles ressemblent à des couchers de soleil.)

    La plus belle image que je garde de ce voyage fut une soirée au fond d’un fjord, sur une plage aux alentours de Skibotn (à moins que ce ne soit Mo-i-Rana ?) La puissance de la nature –ces pentes abruptes derrière et devant nous, ce bras de mer qu’assombrissaient ses profondeurs, cette grève infinie- nous écrasait et nous subjuguait. La lumière dorée, entre jour et nuit, créait une atmosphère particulière. Nous étions seuls, minuscules, au pied d’un paysage grandiose, comme des pionniers débarqués sur une terre vierge aux débuts de l’humanité.

     

    5 octobre 2010

     

    Plus bas la pluie nous a rejoint et nous a accompagnés jusqu’à ce que nous quittions la Norvège. Elle était dense, continue sous le ciel bas, telle qu’elle sait l’être en climat océanique. Plus rien ne séchait. Nous remettions les chaussures mouillées que nous avions ôtées la veille. La voiture, les tentes que nous empaquetions encore humides, nos vêtements, tout empestait la moisissure. Nous longions plus ou moins la côte. Mais j’ai oublié la plupart des étapes qui précédèrent notre arrivée à Trondheim noyée dans la bruine.  Une soupe pénétrante qui ne nous dissuada pas de partir à la découverte de la ville. Qui savait quand nous aurions l’occasion d’y revenir ?

    Les façades pastel (jaune, saumon, ciel, crème) des entrepôts sur pilotis qui bordent les rives de la Nidelven nous attiraient plus particulièrement. En dépit du temps maussade nous y avons flâné un long moment avant de nous réfugier à l’abri dans la cathédrale.

    De Bergen je ne me rappelle qu’un balai de cirés jaunes. Tout le monde en portait. Ils semblaient être la tenue la mieux adaptée au climat local.

    (Il pleut, il pleut, il pleut. Le vent arrache des poignées de feuilles jaunissantes.)

     

    6 octobre 2010

     

    (La pluie continue. Les feuilles à peine rousses jonchent le sol détrempé.)

    Oslo nous fit l’effet d’une ville de province, agréable à vivre avec sa banlieue verdoyante. Mais nous roulions depuis un mois en terre étrangère, sans nouvelles de nos familles et de nos pays. Ilse et Roetlan, qui parlaient couramment allemand, faisaient office de traducteurs. Dans l’intimité nous nous exprimions en français. Ilse, surtout, progressait de manière étonnante.

    A peine entrés en Allemagne, dans un réflexe commun, nous nous précipitâmes sur les quotidiens. N’importe quoi aurait pu se produire en notre absence : révolution, déclaration de guerre, intempéries cataclysmiques, accident, que savions-nous encore ? Soudain nous réalisions à quel point nous étions attachés à nos nations respectives.

     

    7 octobre 2010

     

    (La bonde derrière la grille d’entrée est obstruée.  Une mare s’est formée et nous devons la traverser avec de l’eau aux chevilles !)

    Scouttoujours, qui est allé traîner ses Kickers à travers le Finnmark voilà plusieurs lustres, me fait remarquer –à juste titre- que je n’écris pas un mot au sujet de Karasjok, centre culturel des sames (ou lapons). Karasjok signifie « la rivière tournante ». Scouttoujours précise que seule sa pimpante église de bois blanche, coiffée de toits rouge vif, échappa aux bombardements pendant la deuxième guerre mondiale. Rien non plus des églises de bois debout dont certaines remontent au 13e siècle. Mes articles paraîtront superficiels aux connaisseurs, mais je préfère publier un exposé sobre plutôt que de prendre le risque de débiter des stupidités.  Et puis mes textes ne dépassent jamais deux lignes !

     

    8 octobre 2010

     

    Mademoiselle H. m’a invitée à venir chez elle demain à l’heure du thé…

     

    N.B. Ceci n'est pas un journal intime, mais une fiction.

    « Les "amazones" osent s'assumerApprendre à lire au 19e siècle - 1 »
    Yahoo! Google Bookmarks

    Tags Tags : , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :