• Le feuilleton hebdomadaire 43

     

    Le blog de la voisine (base)

     

    24 octobre 2010

     

    Mai 68 a marqué tous les gens de mon âge et au-delà. Claude a momentanément délaissé vieux métiers et biographies de travailleurs du siècle passé pour se consacrer au processus qui déboucha sur l'explosion de  1968. Les témoignages abondent sur son blog. Il fait plonger les racines de ces événements dans les grèves de 1967. En particulier celle de l’usine Rhodiaceta de Besançon contre les menaces de chômage. Claude en profite pour exposer la condition des très jeunes gens au travail. Lui-même se souvient que les trois quarts de ses camarades de classe entraient dans le monde de l’emploi le jour de leur quatorzième anniversaire. Beaucoup intégraient l’usine, d’autres, le petit commerce, l’artisanat ou bien encore devenaient ouvriers agricoles ou domestiques. Dans les ateliers ils retrouvaient leurs grands-parents impatients d’atteindre soixante-cinq ans pour prendre leur retraite.

    Cela je ne l’ai pas connu. Aucune élève ne quittait Sainte Escobille sans avoir obtenu le BEPC. Celles qui renonçaient aux études secondaires suivaient des cours de secrétariat, de préparation à l’examen d’entrée à l’école d’infirmières ou aux Beaux-Arts. A vrai dire elles s’occupaient souvent dans l’attente du mariage.

    Scouttoujours s’emporte contre ces paresseux qui préfèrent battre le pavé plutôt que de bosser. Ils vont achever notre économie !

    CS-qui a le nez plongé dans ses confitures de mûre et de cynorhodon et semble n’avoir rien remarqué.

    Lucullus ne se manifeste plus.

    Tatiana participe à tous les cortèges qui passent à sa portée et tempête à tout-va sur son blog.

     

    27 octobre 2010

     

    Il doit y avoir près de quinze jours que je n’ai rien publié. Après la Norvège, qu’est-ce que je vais proposer à mes (rares) lecteurs ?  Pendant deux ans nous n’avons pas bougé de l’été. Comprenons par là que les vacances se sont déroulées dans la propriété familiale des parents d’Alphonse. Des mariages avaient été célébrés. Ceux de Bruno et Brigitte, puis d’Yves et Florence. Des naissances avaient suivi. Rien chez nous. Ma mère désespérait de jamais bercer des petits-enfants. J’avais surpris un jour une conversation entre ma belle-mère et Hélène. Pourquoi n’y avait-il toujours pas de bébé chez Alphonse ? « Voyons, si on se marie, c’est pour avoir des enfants ! Sinon on s’abstient ! » avait-elle conclu. Ces paroles m’avaient blessée. Que sous-entendaient-elles ? Que nous privilégiions le plaisir au mépris de la religion ? Et même, dans cette éventualité, n’étions-nous pas adultes et libres de nos choix ?

    Non, nous n’avions jamais eu recours à la contraception. Pourtant notre union demeurait stérile. En vérité aujourd’hui je réalise que je souffrais moins l’absence de maternité que du regard de la société bien-pensante. Alors je me laissais aller à ma nature de gaie luronne. Je m’amusais tandis qu’Alphonse devenait toujours davantage carriériste et notre couple une façade.

     

    N.B. Ceci n'est pas un journal intime mais une fiction.

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