• Le feuilleton hebdomadaire 44

     

    Le blog de la voisine (base)

     

    1er novembre 2010

     

    Cette année le courage m’a manqué pour descendre à Oléron me recueillir sur la tombe de mes parents et de mes grands-parents. Tous avaient émis le souhait d’être ensevelis dans la terre de leurs vacances, lieu délicieux de bonheur familial depuis un peu plus d’un siècle.

    Alphonse, quant à lui, repose dans un modeste cimetière de la Côte de Jade près de son grand-père. Dans les années 70 nous nous y rendions par une petite route bordée de haies épaisses, en haut du village. La grille blanche grinçait lorsque nous la poussions et le gravier crissait sous nos pas. Il y régnait une atmosphère à la fois intime et bucolique, propice à engendrer la sérénité. Aujourd’hui, la vue dégagée donne sur un rond-point et une zone industrielle que rien ne dissimule. Comment pourrions-nous encore évoquer nos morts dans un tel environnement ?

     

    3 novembre 2010

     

    Alors que je triais les volumes de ma bibliothèque, je suis tombée sur The Story of the Channel Islands de John Uttley, le dernier achat que je fis à St Peter Port avant notre départ. Celui à propos duquel Alphonse remarqua au moment où nous sortions du magasin : « Pourquoi t’obstinais-tu à répondre en anglais au libraire qui s’adressait à toi en français ? » Je ne l’avais pas réalisé ; étonnée toutefois de comprendre soudain l’anglais avec une telle facilité !

    Il se trouve par ailleurs que circulent depuis peu sur les blogs des critiques et analyses de l’ouvrage de M.A.Shaffert et A.Barrous, Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates, un roman sous forme d’échange épistolaire autour de la vie des guernesiais pendant l’occupation allemande. Je n’irais pas jusqu’à assimiler cette coïncidence à un signe du ciel. Mais elle ravive en moi d’heureux souvenirs. Ce sera un plaisir de partager mes photos avec les lecteurs de mon site.

     

    4 novembre 2010

     

    Les années 70 touchaient à leur fin. Alphonse et moi espérions donner un nouveau souffle à notre mariage si nous prenions nos  vacances en amoureux cet été-là.

    Je venais de terminer la lecture de L’Arche dans la tempête d’Elizabeth Goudge, qui m’avait enthousiasmée. (Le titre anglais Island Magic me paraissait d’ailleurs mieux traduire l’atmosphère du roman). Aussi avais-je suggéré que nous y passions notre deuxième lune de miel. Nous n’avons jamais regretté ce séjour !

    Sur recommandation d’une amie nous avions loué une chambre chez un couple de retraités de St Peter’s in the Wood. Mark et Susan nous accueillirent avec beaucoup de gentillesse. Leur maison so british nous convenait à merveille. L’ensemble –tapisseries et rideaux de liberty, meubles de bois clair, bow-window ouvert sur la campagne- formait un véritable nid d’amour. Nous y revivions la passion de nos débuts.

     

    N.B. Ceci n'est pas un journal intime, mais une fiction.

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  • Commentaires

    1
    ClyySJwKUPhNMw
    Dimanche 15 Janvier 2012 à 18:17
    And I thought I was the snesible one. Thanks for setting me straight.
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