• Votre feuilleton du week-end - Le Salon de thé 18

    Le salon de thé (base)

     

     

    Semaine 18

     

    Dans l’aube transparente, énorme, la roue terreuse d’une souche dressait ses griffes à contre-jour sur le ciel encore livide. Perchée au bord de la première terrasse, mademoiselle Hermenier se dit qui les dommages étaient peut-être moins étendus qu’elle ne l’avait imaginé. Mais lorsqu’elle descendit jusqu’à la troisième terrasse, elle déchanta. Dans sa chute un frêne centenaire avait entraîné le mur d’enceinte sur quelques mètres et il gisait parmi les moellons et les taillis. Pire, une excavation crevait la quatrième terrasse ! Un chat miaulait au fond du trou. Elle se rapprocha à pas prudents. Le chat insistait encore et encore. Maudit animal ! Pourquoi donc était-il allé se fourrer dans un pareil endroit ? S’il y était entré, il devait bien pouvoir en sortir ! Elle l’appela :

        Viens ! Allons viens !

    Le chat miaulait de plus belle ; courait d’un bout à l’autre de la crevasse.

        Ne soit pas stupide ! Viens donc !

    Elle remarqua un déplacement dans l’ombre et reconnu deux chatons. Elle ne savait que faire pour les sortir de là. Et il avait fallu que cet accident se produisît un dimanche ! Elle remonta chez elle en colère.

     

    La souche

    Madame Hermenier marchait à sa rencontre. Elle lui expliqua avec vivacité ce qui s’était produit pendant la nuit.

        Il ne te reste plus qu’à avertir la mairie pour qu’elle en interdise les abords, commenta sa mère.

        Un dimanche ! s’exclama mademoiselle Hermenier très fâchée. A quelques jours de l’ouverture du salon de thé ! ajouta-t-elle, encore plus maussade.

        Tu n’arrangeras rien en t’énervant, bafouilla madame Hermenier qui craignait le courroux de sa fille.

    Très vite un attroupement se forma à la lisière du parc. Chacun commentait les événements de la nuit. Adèle Hermenier dû intervenir pour enjoindre au groupe de rester en retrait à cause des risques d’affaissement du terrain. On vit à ce moment une chatte et ses petits sortir d’un buisson au bord de la route.

     

    Enfin le samedi 7 mai 2011, ce jour tant attendu, est arrivé ! Adèle Hermenier peine à le croire. Pendant des semaines elle a vécu dans un rêve. Celui de son désir sur le point de s’accomplir. Mais chacun le sait, l’imagination ne se conforme jamais à la réalité  soit qu’elle l’embellisse soit qu’elle la noircisse.

    Aujourd’hui mademoiselle Hermenier est dans ses petits souliers. D’ici à deux heures, elle ouvrira les portes de SON salon de thé. Elle ne parvient pas à y croire. Elle a été si débordée depuis dimanche qu’elle n’a pas trouvé un instant pour douter. Il lui a fallu régler cette question d’arbre et de trou en contrebas. Toutefois, elle leur en sait gré, les services techniques municipaux ont fait diligence pour circonscrire et mettre hors d’accès l’espace incriminé. Par précaution la terrasse de son jardin sera fermée aux clients. Elle a dû évaluer la quantité de pâtisseries à commander, mettre en place les boissons, la vaisselle, les deux dessertes qu’elle utilisera comme à la maison. Les plaques gravées « Chez Adèle H.  Salon de thé » ont été vissées à droite du portail ainsi qu’à l’entrée de l’hôtel. Les tableaux sont accrochés aux cimaises dans le hall et le salon.

    La femme de l’un des boulangers de la petite ville est pâtissière. Elle excelle dans ses deux spécialités : les tartes et les cakes. Pourquoi aller chercher ailleurs ce qu'on peut se procurer sur place ?  Elle s’en tiendra à cela. L’apprenti a livré les gâteaux dans la matinée. Pourvu qu’Adèle ait bien évalué ses besoins… Ses mains papillonnent au-dessus des sachets de papier cristal que froncent des bolducs pastel, maintenus par des étiquettes autocollantes au nom de l’établissement. Elle en vérifie plusieurs fois le contenu, des échantillons de thés divers et quelques macarons de couleurs acidulées.

     

    L’heure fatidique sonne enfin. Madame mère trône dans la lumière du bow-window devant une tasse de thé, déjà prête à recevoir. Adèle Hermenier, la main gauche, tourne la clef de la porte d’entrée.

    Qui sera leur premier hôte ? Et si personne ne se présentait…

     

    N.B. ceci est une fiction

     

    Exceptionnellement, suite de ce chapitre dimanche ou lundi.

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