• Votre témoignage sur le travail à 14 ans


    Jeudi 14 Novembre 2013 à 09:32
    margareth

    Beaucoup de jeunes de ma génération ont encore travaillé dès l'âge de 14 ans. J'aimerais savoir comment ils ont vécu l'abandon de l'école.

    Jeudi 14 Novembre 2013 à 11:36
    Petite Jeanne

    J'ai très mal vécu mon entrée dans le monde du travail à l'âge de 14 ans et 1 mois. J'aurais aimé aller dans un pensionnat pour y apprendre un métier, ma mère ne m'a pas laissé le choix. Le travail à cet âge est une très dure école de la vie.... 

    Jeudi 14 Novembre 2013 à 14:09
    margareth

    Merci Petite Jeanne pour ta participation. J'espère que d'autres viendront témoigner et qu'il y aura un réel échange. Dans quelle structure as-tu commencé à travailler : usine, artisanat ou commerce, agriculture ou autre ? As-tu suivi un apprentissage sur ton lieu de travail ? Y avait-il avec toi d'autres adolescents de ton âge ? Comment vous considéraient les adultes ?

    M.A.N.
    Il y a 3 heures   Supprimer le commentaire

    Témoignage de ma maman : " Je suis sortie de l'école à 13 ans après mon certificat d'études en 1928, puis j'ai été contente d'aller travailler. J'ai travaillé deux ou trois ans chez Mme P. puis j'ai été j'ai Melle B, aussi comme modiste et j'y suis restée jusqu'après la guerre quand je me suis mariée. J'aimais bien broder. Enfin, faire du travail manuel. Je n'avais pas beaucoup de temps pour lire, il n'y avait pas de bibliothèque. Je ne pouvais pas acheter de livres, je ne gagnais pas assez d'argent."

    Jeudi 14 Novembre 2013 à 14:26
    Petite Jeanne

    J'étais " bonne à tout faire" comme on disait à l'époque chez une dame de 65 ans (1an). Puis bonne aussi mais dans un ferme (1an). Puis bonne chez un médecin (9 mois). Puis dans une usine de porcelaine undustrielle qui me vaut d'avoir des dépôts dans les poumons (3 ans et demi). Ensuite hotellerie (2 ans). Station essence (6 mois). Vendeuse dans un kiosque à journaux en gare de Versailles ( 9 mois). Nourice agréée en même temps que j'ai élever les miens (2ans). Pour finir vendeuse de billets à la SNCF en gare de banlieue (25 ans). Je dois oublier vendanges et autre bagatelles... Ma seule fomation fut interne, à la sncf. D'autres avec moi? non, je me suis toujours trouvée terriblement seule (je veux dire de 14 à 23 ans)...

    Jeudi 14 Novembre 2013 à 22:57
    ELVY

     J'ai mal vécu le fait d'aller en apprentissage en couture  ,mais je n'avais pas le choix puisque avec un frère un an plus vieux  c'est lui qui est allé en pension  pour apprendre un metier, et les parents n'avaient pas les moyens d'en avoir deux aux études . Les bourses n'existaient pas pour les enfants d'artisans qui étaient supposés être riches ( çà n'a pas changé d'ailleurs on voit ce qui se passe aujourd'hui !) Et les alloc familiales  une misère étaient versées tous les 3 mois !! J'avais les capacités de faire autre chose ,mais quand l'instit a sû au moment du certificat d'études qu'on me mettait apprentie , celle-ci est venue trouver me parents ,et le beau père ( le 2 eme mari de ma mère ) lui a répondu que << si elle avait les moyens  de  financer ma scolarité ,qu'il était d'accord>>.La suite on la connaît  40 ans de textile et 5 ans dans le social ,mais pour ce faire ,j'ai du retourner à l'école à l'âge de 54 ans .

    J'ai gardé un bon souvenir de mes premières années de vie active  parce que çà m'éloignait de l'ambiance familiale . Je fais partie de ceux que BORIS CYRULNIK appelle les résillients !!

     Aujourd'hui , je sais que j'aurai excellé dans le milieu social , médical , pharmaceutique ,ou botanique !!  bonne soirée margareth .

    Vendredi 15 Novembre 2013 à 07:52
    lylytop

    mes parents sont arrivés a la maison et la phrase a été on t'a trouvé un apprentissage tu prends lundi , demain tu préviens le collège et tu ramènes tes affaires, 14 ans 1/2 j'avais et pas un mot a dire et je suis devenue commi à l'épicier, j'aurai faire du secrétariat hélas! Devenue vendeuse pendant quelques années ensuite maman au foyer, les enfants élevé j'ai recherché et trouvé dans le nettoyage agent de propreté dans une usine nucléaire, obligé de passé un examen que j'ai réussi haut la main et franchement cela m'a beaucoup plu, ensuite accident du travail donc plus possible de continuer, passé un autre test pour m'évaluer et là on m'a offert un stage dans le secrétariat médicale, hélas trop tard l'invalidité est arrivé, on m'a dit inapte au travail, mais de bon souvenirs dans le milieu du travail.

    mon plus beau souvenirs fut quand même mon certificat d'étude primaire, et je me souvient des livres scolaires que m'avait prêté mon institutrice de CM1, malgrès que je me trouvais en 5ème, une aide précieuse qu'elle nous a offert à moi et a ma soeur.

    pas passé mon CAP vendeuse mes parents ont refusé que j'y aille vu qu'il fallait que je prenne le train pour y aller encore une déception. bonne journée

    Vendredi 15 Novembre 2013 à 09:36
    margareth

    Merci pour votre participation. Tous ces témoignages sont très intéressants. J'espère que d'autres s'y ajouteront et que les plus jeunes, qui ont eu la chance de poursuivre leurs études un peu plus loin, viendront aussi dialoguer avec vous.

    Petite Jeanne : Nous pensons que l'emploi était plus stable dans les années 50/60  qu'aujourd'hui, mais ce n'est peut-être finalement qu'une illusion. Beaucoup de mes camarades de classe abandonnaient l'école au lendemain de leur quatorzième anniversaire. Certaines étaient de bonnes élèves et cela me choquait. Tu parles de dépôts dans les poumons. Des dépôts de quoi ? De kaolin ? Quelles en sont les conséquences ?

    Elvy : Voilà pourquoi tu me donnais des conseils en couture ! ;-) Tu avais pourtant dû m'en parler lors de notre sortie entre blogopotes il y a deux ans. J'étais persuadée que tu avais été institutrice ! En effet, artisans et commerçants étaient supposés être riches (c'est peut-être d'ailleurs encore le cas) et il est vrai qu'à cette époque on privilégiait plutôt les garçons car les filles étaient supposées s'occuper des enfants et du foyer une fois mariées. Dans ma classe, rares étaient les mamans qui travaillaient. Par chance tu as pu te reconvertir dans un domaine qui te plaisait.

    lylytop : Cette façon de faire était commune à la plupart des parents de ces camarades de classe qui abandonnaient leur scolarité du jour au lendemain. Certaines partaient pour l'usine et ce qu'elles me racontaient à mi-mots était parfois assez terrifiant : des hommes qui les "coincaient" dans les toilettes. J'étais une oie blanche, mais je devinais quelque chose de dangereux à travers ces propos. J'ai aussi passé mon certificat d'études en 5e. On nous y préparait systématiquement.

    Dernière remarque : dans nos campagnes, là où les familles nombreuses étaient communes, souvent les enfants versaient une grande partie de leurs salaires à leurs parents pour les aider à élever les plus jeunes, parfois jusqu'à 25 ans !

    Samedi 16 Novembre 2013 à 07:15
    lylytop

    j'étais en ville mon salaire d'apprentis était de 80 fr et cela pendant mes 3 années d'apprentissage, sur ces 80 fr je n'avais pas 1 centime maman prenait tout, enfin a l'époque je disais je donne tout a mes parents en fait ils me prenait tout, quand je me suis trouvé vendeuse avec le smic c'est la moitié que mes parents prenaient.

    Samedi 16 Novembre 2013 à 20:09
    margareth

    lylytop : Certes, à cette époque-là il y avait du travail, mais la vie était dure néanmoins. Il me semble que les jeunes d'aujourd'hui, s'ils sont confrontés à d'autres difficultés, n'ont rien à envier à la plupart de ceux des années 50-60.

    Samedi 16 Novembre 2013 à 21:25
    Petite Jeanne

    Pour les poumons, je ne sais pas exactement,  du kaolin oui, mais mélangé à autre chose, je n'arrive pas à savoir. Pour le moment je ressens des sortes de picotements. J'attends les résultats d'examens pour savoir si cela est cancéreux ou non... M'enfin! j'ai tenu 50 ans, je durerais bien un peu plus!. Lol...

    Pour nous, la vie a été dure dès le début, élevés sévèrement les enfants travaillaient, c'était donc une continuité. Aujourd'hui, nous sommes tombé dans d'excès inverse: les enfants sont élevés comme des petits princes alors quand ils entrent dans le monde du travail, c'est beaucoup plus difficile, me semble-t-il, pour eux. Ils ne sont pas préparés à la dure réalité économique actuelle....

    On trouvait du travail facilement (années 50-60), les heures ne se comptaient pas, et les salaires au lance pierre!. En 1963 je gagnais 100 F par mois nourrie et logée, à cette époque une paire de chaussure coutait au moins 40 F, certes meilleure qualité qu'aujourd'hui... Bien sûr, nous n'avions pas les même besoin, pas tel, jeux etc., juste des vêtements (3 changes suffisaient + une bicyclette). Je n'ai jamais donné de l'argent à mes parents mais cela se faisait encore dans de nombreuses familles. Mon père a donné son salaire intégral à son père jusqu'à 28 ans, âge de son mariage. 

     Ma mère, analphabète, à été "placée" dans une ferme pour garder les troupeaux à l'âge de 6 ans, (travail contre nouriture, le salaire consistait à porter un panier garni à sa famille 3 ou 4 fois pas an) ses parents n'avaient pas assez pour nourrir leur 9 enfants...  




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