• Votre témoignage sur le travail à 14 ans


    Lundi 18 Novembre 2013 à 14:07
    margareth

    Petite Jeanne : Souhaitons surtout que ce ne soit pas cancéreux ! Tiens-moi au courant des résultats de tes examens médicaux.

    Il est vrai qu'à cette époque-là, quel que soit le milieu, les enfants étaient élevés beaucoup plus sévèrement. Nous aidions aussi à la maison. Nous sommes sans doute passés de trop à trop peu. Je vois aujourd'hui des mères de famille se mettre en quatre pour leurs (grands) enfants, c'est-à-dire laver, repasser tous leurs vêtements lorsqu'ils rentrent de la résidence universitaire, quand ils ne lui demandent pas, encore, à table, de se relever pour aller chercher une cuiller ou le poivre !!

    Je ne me rappelle pas que les chaussures étaient aussi chères (presque un demi-mois de salaire quand même !) mais aussi elles étaient beaucoup plus solides et d'un meilleur chaussant. Nous les portions plusieurs années souvent.

    Donner son salaire à ses parents, je ne pense pas que cela se fasse encore aujourd'hui. Les jeunes ne possédaient donc rien lorsqu'ils se mariaient... Quant à ta maman, partir si petite, à six ans, c'est bien tôt pour être déjà séparée de sa famille. Sans doute cela explique-t-il qu'elle ait été dure parfois. Sais-tu comment elle a ressenti cette séparation ? Voyait-elle ses parents ou ses frères et soeurs de temps en temps ? Lui arrivait-il de revenir à la maison à l'occasion d'événements familiaux ? Là où elle travaillait y avait-il d'autres enfants ?

    Lundi 18 Novembre 2013 à 17:20
    Petite Jeanne

    Oui, ses "maitres" avaient des enfants mais on ne se mélangait pas. elle dormait dans un appentis clos  sous la fenetre des maitres, sans chauffage bien sûr. On vérouillait sa porte le soir, non pas pour qu'elle soit prisonière mais pour la protéger de viols. En effet, il y avait beaucoup de "journaliers", pas toujours très futés, qui dormaient le plus souvent dans la grange, car ils n'avaient pas tous un chez-soi ou peut être étaient trop loin. Comme je l'ai dis, elle allait porter parfois un panier garni à sa famille, ses autres frères ou soeurs travaient aussi donc elle ne voyais que les tous-petits. Toutefois, je les ai tous connus (oncles et tantes), du moins ceux qui étaient encore en vie, c'est bien la preuve qu'ils avaient gardés des contacts. Les trois plus jeunes sont allés à l'école, les aînés apportaient déjà leur contribution. Mes grands parents n'avaient aucuns biens, il étaient donc locataires d'une vielle baraque, le grand-père était maçon à la journée.  Ma tante, la plus jeune de la famille à aujourd'hui 102 ans et demi, elle joue au dominos tous les après midi en maison de retraite!.  Je n'en sais pas davantage, ma mère criait plus qu'elle ne parlait, ma relation avec elle n'a jamais été au beau fixe...

    Je t'envoie un mail...

    Mardi 19 Novembre 2013 à 13:28
    margareth

    Petite Jeanne : Ta tante néanmoins est devenue centenaire ! Et qui plus est en plutôt bonne santé semble-t-il puisqu'elle participe aux activités de sa maison de retraite ! Dans tous les milieux les relations mère/fille sont souvent compliquées. Je ne pensais pas qu'à cette époque, pas si éloignée, les enfants étaient encore ainsi traités. En fait ils vivaient comme ceux des pays les plus pauvres aujourd'hui.

    Jeudi 21 Novembre 2013 à 15:24
    ReneeG

    J'ai travailler à l'age de 15 mais très contenet cela signifiais plus de liberté...

    Vendredi 22 Novembre 2013 à 08:40
    margareth

    RenéeG : Merci d'avoir ajouté ton témoignage aux autres. Tu rejoins donc celui de M.A.N. Tout dépendait sans doute des conditions de travail et peut-être de la façon dont on envisageait l'avenir. Quelle profession exerçais-tu ? As-tu suivi un apprentissage ?




    Vous devez être membre pour poster un message.