
Le point d’Aubusson ou la broderie sarrasine
Pendant la saison estivale, l’hôtel de ville d’Aubusson, en centre ville, présente aussi des expositions. Dans son hall d’entrée le travail artistique d’élèves de l’Ecole Elémentaire de Villeneuve, sous la direction de Godefroy Quintilla, artiste plasticien, retient l’attention. Avec une économie de moyens (du carton gris et des petits carrés de tissage multicolores) ils ont su évoquer deux caractéristiques de leur ville : les constructions étagées sur les collines et son activité séculaire, la tapisserie.

Au rez-de-chaussée se tenait l’Expo 1920/1930, Aubusson devant la modernité. Mais nous venions surtout pour découvrir la broderie dite « sarrasine » à l’étage supérieur. Au passage nous avons admiré la tapisserie monumentale d’après un carton de Gérard Garouste [LINK], commande publique de 2008 qui orne l’escalier d’honneur de la mairie, intitulée « Le Murex et l’Araignée », références au coquillage dont on extrayait la pourpre pour teindre les laines, et l’araignée, symbole du tissage. Le personnage central étant Pénélope. La subtilité des nuances de la peinture y est très bien rendue.


Méconnues, les brodeuses d’Aubusson étaient pourtant indissociables des tapissiers. Leur art, qui remonterait au 12e siècle, aurait été hérité des sarrasins. Le point d’Aubusson (point long) était utilisé pour la réparation des tapisseries et la réalisation d’ouvrages d’ameublement. Brodeuses et liciers travaillaient avec les mêmes laines. Toutefois la technique n’a été brevetée sous le nom de « broderie sarrasine » qu’au 20e siècle.
Broderie sarrasine, en savoir plus [LINK]


