Avant de faire la sieste nous aidions grand-mère à débarrasser la table et à laver la vaisselle dans une bassine de zinc ou dans une cuvette de tôle émaillée. Ce n'était pas une mince
affaire en l'absence de service d'eau. Nous devions d'abord la remplir à l'aide de brocs puis faire chauffer l'eau sur le gaz. Les couverts nettoyés, il fallait aller jeter les eaux grasses dans
la bonde, sous la pompe. Lorsque tout était rangé, grand-mère profitait de notre sommeil pour s'asseoir enfin et lire au calme dans la cuisine où les mouches bourdonnaient.
Comme grand-mère ne supportait ni le soleil ni la chaleur, M.B. nous emmenaient avec elle à la plage après le goûter. Nous trimballions tout un attirail de pliants, seaux de plage, pelles,
râteaux ainsi que son grand parasol et son nécessaire de broderie. Le plus souvent, aux plages encombrées de vacanciers, elle préférait les criques abritées du côté de la Roche Percée ou de
Margareth, voire à proximité de La Source. Elle dépliait son siège de toile à l'ombre de son parasol et brodait cependant que nous nous amusions au bord des vagues ou dans les mares.