
Cet article n’a pas la prétention d’être exhaustif quant à la technique de la tapisserie de lice mais il vise à initier les néophytes à quelques notions élémentaires qui leur permettront de différencier un tissu d’une tapisserie. Dans une étoffe, y compris un jacquard, la chaîne et la trame, également colorées, sont l’une et l’autre visibles, à la différence de la tapisserie qui ne laisse apparaître que la trame.

Le vocable de TAPISSERIE englobe des procédés variés, et d’exécution, et d’aspect final, qui ont toutefois en commun de recouvrir une armature (de coton, de lin ou de chanvre) en totalité de motifs de laine, de soie, d’or ou d’argent, voire de matières synthétiques, parfois transparentes (depuis le milieu du vingtième siècle on ne cesse d’innover en ce domaine). Soulignons au passage que la Tapisserie de Bayeux dite de la Reine Mathilde est une broderie sur tissu d’une longueur exceptionnelle et non une tapisserie.
La TAPISSERIE AU POINT s’exécute à l’aiguille au moyen de différents points de croix sur un canevas, support plus ou moins rigide (souvent de coton) formé d’une chaîne et d’une trame entrecroisées assez lâches, de façon à ce qu’il puisse être entièrement recouvert par des fils de couleur. Les amateurs de travaux manuels la connaissent sous l’appellation courante de canevas.

La TAPISSERIE DE LICE se caractérise par un tissage serré en laine (ou en diverses matières) de telle sorte que la trame ne laisse jamais apparaître la chaîne. Elle tire son nom des lices (ou lisses), maillons de métal ou de coton reliés à des pédales, à travers lesquels sont passés les fils de chaîne et qui permettent d’abaisser alternativement la moitié de la chaîne pour glisser la flûte (ou navette) entre deux nappes de fils.

La tapisserie de HAUTE LICE est exécutée sur un métier vertical.



La tapisserie de BASSE LICE, sur un métier horizontal.

Quelle que soit la méthode utilisée, le tissage se fait toujours sur l’envers dont le dessin est l’exacte réplique inversée du motif de l’endroit. Une fois décrochée du métier, rien ne permet de distinguer une tapisserie de basse lice d'une tapisserie de haute lice.
Le LICIER (celui qui tisse selon cette méthode) se réfère à un CARTON, c’est-à-dire à une maquette en couleur de la tapisserie. Celle-ci est reproduite à l’échelle sur un carton-calque ou sur un carton numéroté (les numéros correspondent alors à des couleurs) qui est glissé sous ou derrière la chaîne afin de permettre à l’exécutant d’en suivre le dessin. Il vérifie la progression de son travail à l’aide d’un miroir.

Atelier de tapisserie de l'Ecole des Beaux-Arts d'Angers (1974)

Cette tapisserie a été tissée en grande partie avec de la laine brute (non filée)
Thomas GLEB (clic sur le nom)
Pendant des siècles la tapisserie s’est présentée sous forme de panneaux souvent de grandes dimensions, qui figuraient des tableaux proches par leur style de la peinture de l’époque. Mais au vingtième siècle, sous l’impulsion d’artistes liciers et de plasticiens, elle a pris progressivement du relief jusqu’à parfois devenir sculpture. Une visite du site du Musée de la Tapisserie d’Angers vous donnera une idée de cette évolution.
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