Beaucoup penseront que le fait est banal ; quelques-uns comprendront ce que cette évolution signifie. Pour moi, je
n’en reviens pas. J’y crois à peine : je peux m’accroupir et surtout me relever sans aide ni appui ! C’est la première fois depuis près de dix ans. Il y a quinze jours je n'y arrivais
pas encore.
En 2003, après des traitements lourds, je me mouvais avec de très grandes difficultés. Le matin il me fallait près d’une demi-heure pour seulement m’asseoir au bord du lit en m’accrochant aux meubles autour de moi. Faire ma toilette et m’habiller me demandait près de deux heures car j’avais beaucoup de difficultés à enfiler une jupe ou un pantalon -même avec élastiques. Il arrivait que je reste quelques minutes figée par une douleur dorsale diffuse, pénétrante, épouvantable, au point de ne pouvoir émettre ne serait-ce qu’un soupir. Souvent la marche était un supplice. Mon petit chien est arrivé. Les jeux avec lui avant le lever ont été plus efficaces que toutes les séances de kinésithérapie car alors je ne me concentrais plus sur le geste et la douleur qu’il risquait d’engendrer.
Jusqu’à réussir aujourd’hui à m’accroupir, comme cette jeune grand-mère que nous voyons dans une publicité, accroupie sur une plage et qui tend les bras vers son petit-fils. Qu’elle joie ! Quel bonheur de reprendre la maîtrise de son corps !